L'été des records de chaleur dans le monde
Canicules en Europe, fumées toxiques en Indonésie, sécheresse au Soudan... Quelque 1,3 milliard de personnes ont connu, entre juin et août, leur été boréal le plus chaud jamais enregistré, selon une analyse de l’AFP, basée sur les données du programme européen Copernicus.
L’analyse des données du modèle climatique ERA5 montre que 52 pays, sur tous les continents, ont battu leur record de température sur l’ensemble de l’été météorologique de l’hémisphère Nord. L’AFP a analysé les données de Copernicus, qui combinent observations satellitaires, stations au sol, en mer et dans les airs, ainsi que des modélisations couvrant l’ensemble du globe, depuis 1970.
El Niño accentue les fortes chaleurs
Le phénomène climatique naturel El Niño, particulièrement intense cette année, contribue déjà à des températures extrêmes en Amérique centrale et dans le nord de l’Amérique du Sud. Neuf pays, du Honduras au Pérou, ont enregistré leur été le plus chaud.
Au Salvador, les températures ont dépassé de plus de 2,5°C la moyenne de 1991-2020, avec des records mensuels battus de mai à août. Au Panama, la sécheresse a contraint les autorités à réduire le trafic maritime sur le canal reliant les océans Atlantique et Pacifique.
En Indonésie, près de 100 millions de personnes ont connu leur période la plus chaude, entre juin et août. La sécheresse a, également, favorisé les incendies à Bornéo et Sumatra, dont les fumées toxiques ont atteint la Malaisie voisine, provoquant une hausse des problèmes respiratoires et la fermeture d’écoles.
Plus de 35.000 décès en Europe
L’Europe occidentale et méridionale a, elle aussi, connu un été marqué par les records. Onze pays, dont l’Espagne et l’Italie, ont enregistré leur été le plus chaud. La France et la Suisse ont dépassé de plus de 3°C la moyenne des étés 1991-2020.
Selon un décompte de l’AFP basé sur les données sanitaires de huit pays européens, au moins 35.000 décès supplémentaires ou directement liés à la chaleur ont été recensés entre la mi-juin et la fin août.
L’Afrique particulièrement exposée
Sur les 1,3 milliard de personnes concernées par ces records, 450 millions vivent en Afrique. Dix-huit pays africains ont battu leur record de température, principalement dans le Sahel et au sud de cette région.
Au Soudan et en Ouganda, les températures ont dépassé de plus de 2°C les moyennes de 1991-2020. Au Soudan, déjà confronté à une grave crise alimentaire aggravée par la guerre, le niveau du Nil est exceptionnellement bas et le retard des pluies lié à El Niño fragilise davantage les cultures.
D’autres régions ont également connu des températures inédites, notamment l’Ouzbékistan, l’ouest de l’Inde, la région de Melbourne et Canberra en Australie, ainsi que les États américains de l’Utah et du Colorado.